JEN26 : 5 enseignements pour un numérique responsable
Une partie de l’équipage était à la Journée de l’Écoconception Numérique pour la 3ème année. L'occasion de réfléchir à la mise en place d’un numérique plus responsable entre professionnels de l’UX. Entre cadre juridique, limites planétaires et transparence de l'IA, Adeline (cheffe de projet), Alexandre (développeur front) et Damien (lead designer) en reviennent avec des convictions fortes.
Publié le 10 mars 2026
1. L’écoconception comme vision globale
Loin de se limiter à la technique, l’écoconception s’inscrit désormais dans une vision globale qui relie les usages, la stratégie collective et les impacts environnementaux réels.
Les piliers de cette vision systémique :
- La logique de sobriété : savoir dire "non" à une fonctionnalité superflue qui n'apporte pas de valeur réelle à l'utilisateur.
- La robustesse : concevoir des sites durables et fiables, qui restent performants et maintenables sur le long terme.
- L'esprit critique : interroger systématiquement le besoin derrière la demande.
- Le contrôle utilisateur : offrir un réel contrôle sur l’expérience, sans contraindre l’attention de l’utilisateur.
« Le mot qui a le plus souvent résonné tout au long de cette journée : systémique.
»
2. La contrainte, véritable moteur d’innovation
On pense souvent que la contrainte bride la créativité.
La conférence de Mellie La Roque (SNCF Connect) a prouvé le contraire : l’approche "low-tech" peut se révéler une source d'innovation incroyable. Elle consiste à proposer un service sobre, durable et peu coûteux, tout en répondant aux besoins essentiels.
Pour concevoir un service soutenable sur le long terme il faut accepter de concevoir dans la contrainte. Cela implique d'imaginer des fonctionnalités qui fonctionnent partout, tout le temps, même avec une connexion dégradée ou un matériel vieillissant.
D’abord, on s’assure d’avoir une base solide et fonctionnelle. Puis on envisage d'ajouter de nouvelles fonctionnalités.
La présence d'Aleth Gueguen a particulièrement marqué Adeline.
En développant des logiciels depuis son voilier en pleine mer, elle expérimente une réalité que nous oublions souvent quand nous concevons dans le confort de nos bureaux : l'énergie et la bande passante sont des ressources finies.
En fonctionnant en pleine mer avec peu de batterie et un signal satellite faible, un logiciel sera forcément très efficace pour un utilisateur urbain.
3. Le droit, allié inattendu de la conformité
C’est la surprise de cette JEN26 pour Alexandre : le cadre juridique peut être un levier d’écoconception.
Il existe des passerelles entre les outils réglementaires comme le DSA (Digital Services Act), le RGPD et le RGESN (Référentiel Général d'Écoconception de Services Numériques).
Un site qui collecte moins de données est plus sobre techniquement et plus respectueux de la vie privée. À l’inverse, un site écoconçu a statistiquement plus de chances d'être conforme juridiquement.
Tout se recoupe, pour le plus grand bien de l'utilisateur final.
« En fait, le RGPD dit de faire de l’écoconception sans le dire. »
4. IA generative : naviguer dans le brouillard des chiffres
C’est le sujet brûlant de 2026. L’IA générative est partout, mais son coût environnemental reste flou. Entre manque de transparence des géants du secteur et données privées opaques, mesurer l’empreinte réelle de l’IA relève du défi.
Les chiffres actuels sont à prendre avec des pincettes. Ils proviennent majoritairement d'entreprises privées et ne prennent pas toujours en compte l'analyse complète du cycle de vie, de la fabrication des puces à la consommation d'eau pour refroidir les serveurs.
Les recommandations de l'ADEME à retenir :
- Responsabiliser les usages : ne pas utiliser l'IA là où un simple algorithme ou une recherche classique suffirait.
- Exiger la transparence : pousser les fournisseurs à plus de clarté sur leurs modèles.
- Favoriser les modèles sobres
« En tant que professionnels, certaines valeurs que nous défendons peuvent entrer en collision avec l’IA. Voilà pourquoi c’est très important d’avoir ces chiffres pour faire avancer notre réflexion.
»
5. Attention et responsabilité : l’impact réel du numérique
Enfin, la JEN26 nous rappelle une vérité physique : le numérique n'est pas "virtuel". Il a un impact sur les corps et sur le monde. La conférence sur l'économie de l'attention a décrypté les mécanismes neurologiques (le fameux circuit de récompense) utilisés par le design persuasif.
« Les designers et les développeurs ont un impact réel sur les corps et sur le monde. Il faut prendre conscience de la responsabilité que l’on a. »
Le design doit rester au service de l'humain, et non l'inverse.
Pour illustrer certaines dérives, Alexandre et Damien ont participé à un défi original : créer la pire expérience web possible. Ils ont remporté le prix grâce à une page d'emploi fictive (clin d'œil à certains services publics...), véritable concentré de dark patterns et d'absurdités ergonomiques. Une manière originale de rappeler les fondamentaux d'un web utile et humain.
En conclusion de cette JEN26
Cette édition 2026 de la JEN confirme une chose : l’écoconception est passée d'une expertise technique à une véritable stratégie globale. Chez LunaWeb, nous croyons en un web de qualité où la performance ne se mesure plus au nombre de fonctionnalités, mais à la pertinence, à l'accessibilité et à la durabilité du service rendu.
Et vous, où en êtes-vous de votre réflexion ? Si vous souhaitez intégrer ces enjeux de sobriété et d’éthique à votre futur projet, contactez-nous !
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