D’après une étude de la Banque Mondiale, les trois quarts de la population mondiale sont équipés en téléphones mobiles. Notre bon vieux portable se nomme également Teddy bear (ours en peluche) en Suède, Pelephone (téléphone merveilleux) en Israël, Celular en Amérique Latine ou encore muthophone au Bangladesh (glups). Différents noms dans différents pays dotés de différentes cultures, mais beaucoup s’entendent sur le fait que leur mobile est devenu le prolongement de leur main.

Si l’outil a pris une place importante dans de nombreux pays, il ne s’utilise pas partout de la même manière. Entre l’ultra discrétion des Japonais et l’exubérance des Espagnols ou des Italiens, faisons donc un petit tour du monde des modes d’utilisation du portable.

Un même outil, des milliers d’usages

Depuis toujours, les Japonais n’aiment pas déranger ou être dérangés et privilégient l’intérêt collectif à leurs besoins individuels. Il en est de même avec le portable : il serait mal venu, au pays du soleil levant, d’avoir son téléphone sur une autre position que silencieux en dehors de chez soi. Les Japonais ne veulent pas imposer aux autres leur vie privée et communiquent très peu dans les espaces publics : le mobile ne doit pas être une nuisance pour ceux qui les entourent. À tel point qu’un chauffeur de bus refusera de vous laisser monter dans son véhicule s’il vous voit un portable à l’oreille. On comprend alors pourquoi les textos et les e-mails mobiles ont un tel succès au Japon.

Plus à l’est, les pays latins comme l’Espagne et l’Italie apparaissent comme exubérants, dégainant le téléphone à chaque coin de rue, exposant aux autres leur vie privée. Interrogé par CNN, Amparo Lasén, professeur de sociologie, affirme qu’il ne s’agit là que d’une évolution normale : les Espagnols discutent depuis toujours de leur vie privée dans la rue. Que ce soit lors des réunions au travail, au restaurant ou à un spectacle, les Espagnols gardent un œil sur leur mobile, pour rester en contact avec leurs proches et être présents en cas d’urgence. Leur culture voudrait que chacun soit immédiatement disponible pour l’autre, qu’il s’agisse d’un ami, d’un collègue ou d’un client.

Des enfants africains, un téléphone portable à la main

Quittons l’Europe pour l’Afrique où là-bas, le « bippage » ou le « flashing » est devenu un sport national. Faire sonner le téléphone de son contact a de nombreuses significations : du « je pense à toi » à « votre voiture est prête » en passant par « Chef ! Je veux une augmentation ». Après tout, si vous êtes curieux de savoir ce que votre correspondant vous voulait, il ne vous reste qu’à le rappeler.

Autre pays, autres coutumes. En Inde, pays de la tolérance, prendre un appel en plein spectacle, discuter dans un bus bondé ou dans la rue est une pratique courante. Les Indiens tolèrent que chacun empiète sur la vie de l’autre, et partage avec son environnement des bribes de sa vie privée.

Les Indiens sont aussi très friands des musiques d’attente à la sauce Bollywood. Pour faire patienter leurs correspondants, les utilisateurs de téléphone mobile achètent des morceaux de chansons pour remplacer l »éternel « Biiiiip » français. D’après Umang Sash , professionnel de l’audit et du conseil en télécommunication interviewé par CNN, ça fait un malheur… Remarquez qu’en Afrique, ce sont des phrases issues de la bible qui font office de sonneries.

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La culture, un paramètre de taille

Ces quelques exemples mettent en évidence le rôle prépondérant de la culture sur la manière d’utiliser le téléphone portable. Si les Japonais préfèrent les textos aux appels, d’autres, comme les Espagnols ou les Indiens accordent beaucoup d’importance au fait d’être toujours joignable et ne cherchent pas à cacher leurs discussions des oreilles indiscrètes.

Comme nous l’avons vu précédemment, établir différents scénarios ici seront d’un très grand secours pour ne pas faire de faux pas. Outre l’environnement, il faudra aussi tenir compte des usages de chacun et différencier le produit en fonction du marché visé.

S’adapter à son public et à sa culture demande au préalable d’avoir réfléchi à ce paramètre et de se renseigner sur les habitudes de consommation dans les pays où l’on souhaite diffuser l’application. Proposer une solution mobile dont le volume ne peut pas être baissé sur le marché japonais, c’est vous assurer d’une faible diffusion de votre produit. Leur éducation voudrait que personne ne les dérange avec une sonnerie de mobile ou un jeu bruyant.

Pendant les JO de Pékin, un groupe regarde la cérémonie d'ouverture sur un téléphone mobile

D’autre part, nous avions également vu que pour réaliser une application mobile aux petits ognons, les différentes fonctions du téléphone doivent être accessibles. C’est d’autant plus important dans le cadre d’un public espagnol ou indien qui doit pouvoir être présent n’importe quand pour ses proches et donc recevoir ou passer un appel très rapidement.

Bref, la culture est un paramètre parmi les autres à ne pas négliger lorsqu’on développe une application mobile. Tout comme la réflexion sur l’ergonomie, les fonctionnalités ou le design, prendre en compte la culture du pays contribue à développer une solution efficiente et exploitable dans plusieurs marchés aux coutumes différentes.