Aujourd’hui, nous allons bosser ! En cette rentrée scolaire, un peu de révision sur l’histoire des moteurs de recherche ne nous fera pas de mal.

Il était une fois, donc, où les moteurs de recherche n’existaient pas. Et pas si loin que ça puisque, dans ma tendre enfance, je me souviens de cours de français où nous devions trouver le plus rapidement possible des mots dans un dictionnaire.

Aujourd’hui, on tape un mot ou une expression sur le net, bien souvent sur Google, et hop (ou pouf pouf comme dirait Desproges) s’affiche sous nos yeux une ribambelle de pages web et de définitions. D’ailleurs, le plus dur aujourd’hui ce n’est pas de chercher mais bien de trouver LA bonne info.

Mais comment ça marche un moteur ? On peut découper son action en quatre grandes étapes :

  • La collecte d’informations grâce à des robots qu’on affuble du nom de spider ou crawler;
  • L’indexation et la constitution d’une base de données;
  • Le traitement des requêtes (interrogation de l’index et classement selon des critères de pertinence);
  • La restitution des résultats des requêtes, qu’on appelle aussi SERP (Search Engine Result Page).

Les moteurs de recherche n’ont donc pas toujours existé… Mais c’était comment avant ? Pouf pouf, je monte dans ma machine à remonter le temps…

1998 : et la lumière fut

En 1998, j’avais moins de 20 ans (ô douce jeunesse). Autre fait notable cette année-là : Google naquit.

Avant cette date, toutes les personnes connectées au 56ko avec AOL ont utilisé au moins une fois Lycos, Altavista ou Yahoo!. On se souvient de graphismes criants, de petits liens très nombreux et tous serrés, mais aussi du doux bruit du modem qui se connecte (et se déconnecte encore plus vite).

Parmi les moins connus, ou en tout cas dans notre hexagone, certains on peut-être entendu parler d’Archie (le tout premier moteur ever, lancé en 1990), d’Aliweb (qui permettait aux utilisateurs de soumettre des pages web, lancé en 1993) ou de WebCrawler, aujourd’hui devenu un métamoteur, (c’est-à-dire qui effectue des recherches dans plusieurs moteurs à la fois, lancé en 1994).

En quelques années, Google a cannibalisé une grande partie des moteurs de recherche, et un peu plus tard (mais pas trop quand même) une grande partie du web.

Mais pourquoi que, me diriez-vous ? Tout d’abord parce-que son utilisation était (et reste) simple et son interface épurée. Son positionnement était très clair dès le départ : Google n’est un portail où se bousculent des tonnes d’informations de toute sorte, mais un moteur de recherche d’informations.

Autre élément qui a fait son succès : le PageRank, cet algorythme de classement des résultats qui a fait frémir le web (et ses webmasters) pendant bien des années.
Et puis enfin, on ne peut nier que Google, qu’on l’aime ou pas, est une entreprise qui laisse beaucoup de place à l’innovation, aux tests et par conséquent aux échecs (comme Google Wave) mais aussi aux réussites (comme Google AdWords qui est aujourd’hui LA référence des liens sponsorisés).

La guerre des moteurs

Google est partout sur le web. Qu’on cherche à envoyer des messages, créer et partager des documents, faire son shopping, s’informer et même interagir (je pense notamment à Google+), le moteur américain est partout.

Pour autant, Google n’est pas le seul dans la place, bien au contraire. De nombreux projets, plus ou moins aboutis ont vu le jour. Parmi ceux-ci on retrouve notamment Exalead, moteur français qui se positionne davantage sur le marché des moteurs de recherche pour les entreprises.
On peut aussi citer Bing, moteur de Microsoft qui perce doucement, et qui intègre progressivement les contenus issus des médias sociaux, ou encore Baidu très utilisé en Chine.

Beaucoup se posent la question (ou devraient) de leur positionnement, car c’est là à mon sens que ces moteurs se démarqueront du géant Google. Certains n’ont pas su ou pas pu le faire à temps, comme Altavista, ou encore Yahoo! qui décline de plus en plus. Yahoo! est d’ailleurs l’exemple flagrant d’un moteur/portail qui a longtemps eu un problème de positionnement. On se souvient pourtant de son succès au début des années 2000, mais le moteur n’a pas su maintenir  le cap et surtout innover comme a pu le faire Google.

D’ailleurs à ce sujet, je vous suggère de jeter un oeil à What Would Google Do ? de Jeff Jarvis, serial entrepreneur et aussi blogueur, à l’origine du fameux Dell Hell. Une bonne partie de ce bouquin est dédié à la stratégie du moteur et de son ouverture à l’innovation, qui peuvent finalement être appliquées à n’importe quelle structure.

Le futur en marche

Pour en revenir à mes petits moutons, m’est avis que les moteurs qui pourront prendre une part du gateau au géant Google devront travailler sur :

  • La confidentialité des données et le respect du droit à l’oubli : le moteur américain est depuis longtemps sous le feu des critiques, comme le sont d’ailleurs les autres outils majeurs du web social (Facebook pour n’en citer qu’un).
    Certains moteurs se sont positionnés depuis longtemps sur ce créneau, comme Ixquick.
  • Un index « qualifié » : c’est d’ailleurs ce qu’a tenté Google lors de ses dernières mises à jour pour éviter les « fermes de contenus » et « punir » les sites qui utiliseraient des méthodes douteuses pour être bien référencé.
  • Un traitement transversal des résultats des requêtes, comme le fait par exemple Qwiki.
  • Dans la même idée, nous parlons de plus en plus de recherche sémantique : grosso modo, il s’agit de moteurs qui « comprennent » le sens de la requête et qui proposent des résultats pertinents en conséquence.

Et c’est bien entendu sans compter sur des interfaces ergonomiques et des moteurs utilisables sur n’importe quel support (notamment en situation de mobilité).

Toutes ces évolutions de la recherche sur le web rejoignent une même idée de ce que sera le web de demain. On parle de web des données, de web des objets, de web au carré, bref un web accessible, « intelligent », structuré et interconnecté… et qui ne se repose jamais !