Dans la première partie de notre « bilogie » consacrée aux médias sociaux, nous avons posé les bases de ce qu’est le web social, et expliqué dans les grandes lignes pourquoi il est intéressant, voire indispensable, de développer sa présence 2.0.

Après cette première mise en bouche, nous voilà armés pour entrer dans le vif du sujet et vous donner quelques bonnes recettes pour se lancer dans la « jungle » des réseaux sociaux…

Notre tout premier conseil à ce sujet, s’il en faut un : prendre du recul. Vouloir tout, tout de suite ou suivre les exemples de réussites très (trop) souvent citées dans les articles ou livres qui paraissent à ce sujet vous assurent un « je vous l’avais bien dit, les réseaux sociaux, c’est du flan ! »

Et c’est un des paradoxes du web social : l’immédiateté qui le caractérise (notamment dans la diffusion des infos, ou dans la possibilité de créer des profils et de prendre la parole en deux coups de cuillère à pot) ne s’applique pas lorsqu’il s’agit de construire une stratégie de communication et de fidéliser son public (et d’autant plus lorsqu’on vise la création d’une communauté propre).

Les exemples qu’on voit partout et qui font briller les yeux des annonceurs, comme celui de Dell ou de Starbucks, ne sont pas adaptables à toutes les structures. D’une part, ce sont de grands groupes, qui peuvent s’appuyer sur de fidèles ambassadeurs de leur marque (déjà présents hors internet), et puis leurs objectifs en termes de communication sur le web social ne sont pas les mêmes que pour l’entreprise de Jean-Michel, à qui il reste tout à construire (et tant mieux !)

Et hop, sans les mains !

Réfléchir en amont

Réfléchir en amont c’est à la fois regarder en arrière, analyser la situation présente et se projeter dans le futur (qu’est-ce que j’ai fait, où j’en suis, et où je vais). L’objectif : mieux se connaître, ses forces, ses faiblesse, les points à améliorer, et ceux sur lesquels capitaliser.


Voici quelques pistes de réflexion :

  • Analyser l’existant : faire le point sur les supports déjà disponibles (blog par exemple) et identifier ce qui va et ne va pas, pour l’améliorer ou éventuellement changer de stratégie ;
  • Connaître son public, ses cibles : le web social, c’est un peu comme dans la « vraie vie ».
    Si vous souhaitez promouvoir un site d’info sur la pêche au bar en Bretagne, vous n’irez pas acheter un encart publicitaire dans Le Journal de Saône-et-Loire, mais plutôt dans des revues locales et spécialisées pour ce type de public.
    Rien ne vous empêche de viser plus large (c’est d’ailleurs un des avantages des médias sociaux), mais cela permet de définir une feuille de route et ses « chemins » prioritaires ;
  • Définir des objectifs à atteindre : je veux mieux faire connaître mon activité, toucher de nouveaux publics, vendre mon produit, améliorer mon référencement.
    C’est à peut près la même chose que pour le précédent point, on peut vouloir tout ça à la fois (si si) mais pour éviter de se disperser, il est essentiel de se fixer un but « ultime », ce qui vous permettra certainement d’en atteindre d’autres, mais votre attention sera tout particulièrement portée sur ce point précis.
    Se poser des objectifs permet aussi de mieux faire le point sur la réussite ou non d’une stratégie de communication (mais nous en reparlerons plus bas).
  • Identifier les ressources disponibles : le web social ce n’est pas magique ! Ni aussi gratuit qu’on pourrait le croire. Créer une page Facebook, un compte Twitter ou ouvrir un blog, c’est bien mais… il faut l’animer !
    Et c’est une étape qui prend du temps car il faut rechercher et publier des contenus pertinents, car aux yeux des internautes, ce que vos publiez = ce que vous pensez et ce que vous êtes.
    Pour éviter de s’y perdre et de jeter l’éponge, l’idéal est de partager les tâches et de s’organiser. Untel pourra s’occuper d’une thématique (dans lequel il est expert, c’est encore mieux) ou de tel compte sur les médias sociaux. Côté organisation, vous pourrez décider d’écrire un billet sur votre blog chaque semaine, ou d’animer votre page Facebook tous les deux jours pendant 1/2 heure, etc.

Cette phase de réflexion est essentielle, car lorsqu’on se précipite, il y a de fortes chances pour qu’on se prenne les pieds dans le tapis.

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Petit deviendra grand

Après avoir tout bien défini vos objectifs et vos cibles, capitalisé sur l’existant et motivé vos troupes pour construire votre stratégie de com’ 2.0, vous pouvez vous lancer !

Mais là encore, pas de précipitations, surtout si vous partez de zéro. Vouloir se lancer partout à la fois, c’est se disperser, et surtout vouloir manger un très gros gâteau avec les doigts, au risque de s’en mettre partout et d’avoir une bonne indigestion.

L’idéal est donc de commencer « petit », ouvrir un blog par exemple. Le blog est un très bon exercice qui permet non seulement de prendre du recul sur soi (expliquer son métier, partager ses réflexions, ses pratiques, etc.), de fidéliser son public et d’en capter de nouveaux grâce aux contenus (pertinents) publiés, ou encore d’améliorer son référencement.

Animer un blog vous donnera certainement envie d’aller plus loin, sur Twitter, sur Facebook ou même d’intervenir sur des forums et des groupes de discussions dans des réseaux professionnels (Viadeo et LinkedIn pour ne pas les citer).

L’intérêt de commencer « petit » est celui d’intégrer progressivement le fonctionnement de ces outils (ce qui prend du temps) et leurs règles, car il y en a : on ne prend pas la parole de la même façon sur Twitter que sur son blog. Ne pas les respecter, c’est passer à côté du potentiel des réseaux sociaux.
Vous pourrez d’ailleurs le constater en visitant certains comptes Twitter d’entreprises, qui utilisent ce réseau social uniquement pour faire leur promotion, sans échanger avec les autres et sans réel objectif. Résultat : un « échange » unilatéral et presque aucune interaction avec les autres membres… ce qui n’a aucun intérêt pour un réseau social.

Commencer « petit » c’est aussi privilégier la qualité sur la quantité. Ce qui vaut à la fois pour les différents espaces créés (être vraiment présent sur un ou deux réseaux plutôt qu’à peu près sur un maximum d’espaces) mais aussi pour les indicateurs de réussite de votre stratégie.
Avoir 2000 fans sur une Page Facebook, c’est bien, mais quel est l’intérêt si ces personnes n’y reviennent jamais ? Avoir 2000 fans signifie-t-il que votre stratégie de com’ est la bonne ? Pas sûr. C’est en effet un indicateur quantitatif de popularité, mais qui doit être complété par d’autres, plus qualitatifs : vos contenus sont-ils relayés ? Avez-vous plus d’interactions avec votre public ?

A ce sujet, et pour en finir sur ce point, l’indicateur principal de réussite sera sans aucun doute celui de votre objectif de départ : a-t-il été atteint ? (augmentation des ventes, meilleure image, diversification des cibles touchées, etc.)
Il est d’ailleurs presque impossible de calculer un retour sur investissement (ROI, return on investment) d’une stratégie 2.0. Mais le retour sur objectif (ROO, return on objective), si !

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Pour conclure

En bref, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et c’est à force de forger qu’on aura de moins en moins peur de se coincer le doigt entre le marteau et l’enclume. Il n’y a pas de peur à avoir des réseaux sociaux, bien au contraire. Mais il faut être prudent (ne pas écrire n’importe quoi, car Google a la mémoire longue) et surtout s’informer des règles à respecter.

Le web social, c’est aussi une toute autre façon de communiquer qui est essentiellement basée sur l’échange (je donne pour recevoir) et le collaboratif (j’aide pour être aidé à mon tour). Ceux qui tentent de communiquer « old style » (en mode 1.0 pour reprendre ce que je disais dans le premier billet), c’est-à-dire de façon unilatérale, passent à côté du potentiel des médias sociaux.

N’hésitez pas à consulter des professionnels et à vous former à ces outils. Et puis n’oubliez pas de regarder régulièrement si vos contenus ont été rediffusés ailleurs, et de quelle manière (ce qu’on appelle faire de la veille). N’hésitez pas non plus à remercier ceux qui vous ont relayé, à répondre de façon transparente aux commentaires qu’ils soient positifs ou négatifs.

En conclusion de la conclusion, le web social ce n’est donc pas cette chose magique qui, lorsqu’on appuie sur un bouton, nous propulse à la première place des marques les plus aimées au monde. Cela demande peu d’investissement financier certes, mais beaucoup de temps et surtout de la préparation.