Le web a ses manies : il aime reprendre des pratiques existantes, les adapter à sa sauce et leur donner un nom différent. Souvent, il accole à des mots existants un « e », un « social » ou un « 2.0 ».

C’est le cas par exemple du commerce, qui est devenu « e-commerce » pour glisser progressivement vers du « social commerce ». Et d’ailleurs, on voit bien l’évolution du métier de commerçant : de « traditionnel », il s’est ensuite adapté au web (« e-commerce ») pour ensuite épouser les formes du web social et profiter de ses nouvelles opportunités. Mais je n’en dis pas plus à ce sujet, j’avais consacré un billet sur le social commerce, que vous pourrez lire si le cœur vous en dit !

Le commerce en ligne évolue donc. Depuis peu on a vu apparaitre de nouvelles pratiques, comme le « f-commerce » (qui utilise Facebook comme plateforme de vente) et, le sujet de ce billet, le « m-commerce ». Le « m », je vous le donne en mille, est donc une nouvelle déclinaison de l’e-commerce, mais en situation de mobilité cette fois (smartphones, tablettes) qu’il s’agisse d’ailleurs d’une application ou d’un site mobile.

Les bonnes recettes pour se lancer

J’en parlais la semaine dernière : la taille de l’écran, la navigation et la qualité de la connexion ne sont pas les mêmes sur smartphones que sur d’autres supports.

Et c’est sans compter sur les internautes qui ne consacrent pas le même temps à naviguer sur le oueb qu’ils soient sur iPad, iPhone ou sur leur ordinateur. Sur smartphone, ils naviguent « entre deux portes » pour utiliser à bon escient les quelques minutes où ils n’ont rien à faire. Ils sortiront plutôt leur tablette lorsqu’ils ont un peu plus de temps (d’ailleurs la tablette est un objet qui se partage beaucoup), et allumeront leur ordinateur pour au moins quelques heures.

Si je devais retenir seulement quatre bons ingrédients pour le m-commerce, je dirai qu’il faut :

  • rassurer le potentiel acheteur car, plus que sur tout autre terminal, le mobinaute est méfiant : ma connexion est-elle sécurisée ? comment m’assurer de ne pas perdre dans la nature mes coordonnées bancaires ?
  • aller à l’essentiel et baliser le parcours : épurer, épurer et épurer ! Ce qui est déjà la tendance sur les sites web s’applique d’autant plus sur les sites mobiles car la place disponible est très réduite (600 pixels maxi !) et la navigation au doigt approximative.
    Et puis, si vous vendez des chaussures, focalisez-vous sur cette option et pas une autre. Le mobinaute doit pouvoir chercher des modèles et les acheter en deux clics de doigts, sans se perdre dans les méandres des possibilités offertes ;
  • intégrer la notion de temps disponible : l’achat sur smartphone est presque impulsif. Il peut être provoqué par un e-mailing promotionnel, une situation d’urgence (il me faut un billet de train mais je n’ai pas d’ordi sous la main) ou pour comparer les prix une fois en magasin ;
  • miser sur des fonctionnalités propres aux smartphones: certains l’ont compris et leur stratégie de m-commerce est devenue une référence en la matière. C’est le cas par exemple de l’application d’Amazon qui permet de scanner un code-barre et de comparer les prix d’un même produit (et de l’acheter en deux temps trois mouvements).
Capture application m-commerce Amazon

Application Amazon : on scanne et hop ! on achète

Aujourd’hui c’est déjà demain !

D’autres entreprises cartonnent aujourd’hui en m-commerce. Et étrangement, ce sont celles qui ont souvent su innover avant les autres. Amazon en fait partie, mais il y a aussi Threadless, Ebay ou encore Airbnb.

Le m-commerce n’est pas un gadget de plus sur le web, mais bien une nouvelle opportunité pour les commerçants en ligne de se faire connaitre et surtout de vendre leurs produits. Mais attention au « moi aussi j’en veux ! » Car comme je l’écrivais un peu plus haut, le mobinaute fera ses courses sur un laps de temps très court et en général en réaction à un évènement.

Et c’est d’ailleurs l’un des points encore assez peu exploités : si on souhaite profiter du m-commerce, il faut penser différemment l’univers du mobinaute pour qu’il puisse l’utiliser en situation de mobilité. On pourrait par exemple prendre en photo une affiche de concert qui nous redirigera directement sur un espace d’achats de tickets.

Autre possibilité : utiliser le smartphone comme moyen de paiement. La tendance voit le jour en Europe, et est déjà appliquée ailleurs, comme aux Etats-Unis. Starbucks, pour ne citer que cette enseigne, propose à ses clients de télécharger une application qui remplace la bonne vieille carte en plastique qu’on recharge et qu’on utilise pour payer ses cafés. Plus besoin d’aller dans les magasins pour la recharger, pour suivre le nombre points gagnés en achetant des boissons, pour trouver un Starbucks près de chez soi…

Bref, le téléphone couteau-suisse est en marche et n’a pas finit de faire parler de lui !