Le HTML5, sujet « tendance » du web en 2010 et pour encore quelques temps, n’échappe pas à la règle : on s’enflamme et on nourrit un peu trop d’espoir dans une innovation, sans encore bien en mesurer l’importance et la véracité. Le HTML5 est-il vraiment exploitable en 2011 ?

Loin de nous l’idée de remettre en cause le HTML5 (parce-qu’on y croit !), il s’agit plutôt de prendre du recul, de revenir sur les bases, et de voir quelle pourrait être la route à suivre.

De quoi parle-t-on ?

Dans la webosphère, les outils et langages sont en constante évolution, et c’est peu dire… Pour différencier une version d’une autre, on précise généralement son nom (par exemple HTML en ce qui nous concerne) ainsi que le numéro de la version (le HTML 5 est donc une spécification du HTML plus récent que le 4 ; c’est bien fait hein ?).

On utilise d’ailleurs ce principe dans le web tout court, avec le fameux ‘web 2.0’ (collaboratif) en opposition à la version précédente du web, où les échanges d’informations étaient à sens unique (du producteur au consommateur en somme). On parle même beaucoup du web 3.0, le « web de demain » (ne me demandez pas ce que c’est, on ne compte pas en points-zéros chez Luna).

Mais revenons à nos moutons : le HTML5 est donc une nouvelle version du HTML, LE langage de structuration et de présentation d’une page web, et aussi le plus ancien.

C’est en effet l’un des trois trois piliers du « World Wide Web » que nous connaissons aujourd’hui, avec le HTTP, qui permet l’échange de données entre les serveurs (détenteurs de ces données) et votre ordinateur, et les adresses web (dont font partie les noms de domaine) qui permettent de se rendre sur des pages web.

Le HTML, qui signifie « Hypertext Markup Language », a donc pour rôle d’enrichir et de baliser le contenu de ces pages (mise en forme, organisation, ajout de contenus multimédias, liens entre les pages, etc.).

Aujourd’hui, « HTML5 » est aussi utilisé pour désigner un ensemble de technologies web comme les CSS3, les microformats et SVG.

Les principales innovations

Cette nouvelle version du HTML, n’est d’ailleurs pas si nouvelle que ça puisqu’elle a été reprise par le W3C en 2007, après avoir été initiée en 2003 par le groupe indépendant WHATWG (à ne pas confondre avec le WHATTHEFUCK, autre groupuscule assez connu outre-atlantique).

Le HTML5 permet notamment :

  • d’afficher et de manipuler dans le navigateur des contenus multimédias, sans faire appel à une application externe. Cette évolution est très intéressante notamment pour les iPhone et iPad, qui ne peuvent pas lire les animations Flash ;
  • d’adapter le contenu des pages web en fonction de la taille de l’écran (smarphone, pad, ordi mini ou grand écran) ;
  • d’animer vos pages web, et bientôt de faire de la 3D directement dans votre navigateur ;
  • de baliser les différents éléments d’une page avec encore plus de précision (indiquer qu’une partie du texte est un article, que certains liens sont internes au site, etc.) et de métadonnées ;
  • de concevoir des formulaires plus riches ;
  • de profiter de nouvelles applications, comme par exemple la géolocalisation ;
  • ou encore de pouvoir utiliser des outils en ligne (par exemple de retouche d’images), utilisables hors-ligne, c’est à dire même lorsque vous n’êtes plus connecté à Internet !

Impossible bien entendu de tout passer en revue (ce qui est aussi le cas pour la première partie de ce billet), mais ces exemples représentent assez bien les évolutions rendues possibles par le HTML5.

Pour ces exemples, nous nous sommes largement inspirés de l’article Comment le HTML5 va changer le web de 01Net. Jetez-y un coup d’œil !

Le HTML5, c’est aussi…

Nous ne l’avons pas précisé plus haut, pour que vous puissiez le constater par vous-mêmes : le HTML5 n’est pas supporté par tous les navigateurs. Et c’est le principal problème rencontré à son déploiement, sans parler des internautes qui utilisent d’anciennes versions d’Internet Explorer. Dans ce cas il faut passer par des astuces dont nous ne sommes pas friands à Luna.

Se pose aussi la question de la stabilité. Pour certains experts, comme Philippe Le Hégaret (responsable des spécifications HTML5 au W3C) :

Le HTML5 n’est pas encore prêt pour une mise en production.

Selon lui, celle-ci ne devrait avoir lieu que d’ici deux à trois ans. Certains proposent déjà d’implémenter HTML5 dans des produits ou services web. Nous pensons qu’il est encore trot tôt pour adopter ce langage dans son intégralité. Pour autant, il est d’ores et déjà possible d’adopter certains de ses éléments, tout en vérifiant leur interopérabilité.

En définitive, rien ne sert de courir, il faut partir à point : le HTML5 propose des évolutions intéressantes, mais qui ne sont pas toutes applicables aujourd’hui. Pour creuser cette question, nous vous redirigeons vers notre article : Faut-il utiliser l’intégration en HTML5 en contexte de production ?.

Pour finir, voici un petit exemple maison de page en HTML5, qui date un peu mais qui est toujours d’actualité.