Nous savons déjà que le m-commerce ne doit pas être pensé comme un élément isolé mais intégré à une stratégie digitale globale. De même internationaliser son e-commerce ne se résume pas à une simple histoire de langue. En d’autres mots, traduire votre site en javanais ne suffira pas à booster vos ventes à Java.

Évidemment, un solide soutien juridique sera précieux pour ne pas vous retrouver en compagnie de votre équipe dans une geôle du Lichtenstein ou des Maldives  pour avoir bravé une censure quelconque sans le savoir (on en frissonne).

Mais en dehors des aspects juridiques, vous ne serez pas étonnés de constater que ce qui importe, c’est de satisfaire l’utilisateur et de coller au mieux à ce qu’il aime. Et ses attentes peuvent être bien différentes à Paris ou à Pékin…

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L’e-commerce sans frontières : Do and Don’t

Comme le commerce traditionnel, le commerce digital exige de bien connaître sa future clientèle pour lui proposer un site web et des services adaptés. Si vous n’avez pas de boutiques physiques dans les pays que vous voulez convertir à la crème de nuit pour chaton, il va falloir commencer par une étude de marché. En effet, dans certaines zones du monde, on ne met pas de crème de nuit aux animaux et cette délicate attention n’intéressera personne.

Les catalogues de produits doivent donc être revus en fonction de la cible. On adaptera les modes de paiement, les services de livraison, la tonalité des textes et les jeux de mots… Pour mémoire, la traduction allemande de « Je compense donc je suis » par un site vantant les mérites des chaussures compensées n’a jamais vraiment trouvé son public outre-Rhin.

De même, les symboles et les tabous sont très variables d’une culture à l’autre et ce qui n’attirerait même pas votre regard pourrait très bien choquer l’e-acheteur de l’autre côté du globe. Les couleurs ont aussi des connotations très différentes. En Chine, le jaune évoque par exemple la pornographie tandis que le vert est une couleur très positive… À condition de ne pas l’associer au rouge !

«J’hésite entre la Thaïlande et Jersey»

N’hésitez pas trop longtemps ! Les places sont vite prises sur les marchés les plus prometteurs.

Prenons l’exemple de la Chine, où il faut d’ores et déjà oublier l’idée de vendre du vin français : 1, 3 milliard d’habitants, une population connectée qui croit à une vitesse folle et surtout, des e-acheteurs convaincus. En 2011, la population de e-acheteurs a augmenté de 21% pour arriver au chiffre de 194 millions à la fin de l’année…

La concurrence locale est à la mesure des appétits pour ce marché et Expedia, Amazon ou Ebay s’y sont déjà frottés sans succès, distancés par des sites chinois experts dans l’exercice de l’élève qui dépasse le maître.

En Europe, des moyens sont actuellement  à l’étude pour faciliter le e-commerce transfrontalier que les différentes réglementations et la fiscalité rendent encore compliqué. Pour les marques françaises, le marché des pays de l’Est reste une opportunité pour peu que ses spécificités soient soigneusement prises en compte. Quand 70% des paiements se font à la livraison, il ne faut pas négliger d’éventuels surcoûts…

Easyweb pour Codes Rousseau

Ouvrir les frontières et les chakras

Pour le  web designer, créer l’interface utilisateur parfaite pour les futures clients d’un pays qu’il connaît mal peut être un casse-tête sur certains aspects mais aussi une opportunité de mettre à plat l’idée du beau, de l’efficace, de la mode

Ainsi les Chinois ne sont pas de grands fans des sites au design épuré et clair. Leur préférence va aux pop-ups, qu’ils aiment en nombre, et aux pages au contenu très conséquent. La Chine ou l’autre pays du scroll…

Dans un pays qui souffre de la contrefaçon, les marques doivent aussi veiller à être identifiables. Dans la beauté et le luxe, la clientèle chinoise aime à se sentir en terrain connu et en confiance.

En définitive, les exigences des marchés et des utilisateurs se côtoient mais ne se ressemblent pas. Le meilleur moyen de faire l’unanimité pour une marque ? La connaissance !

Platon, philosophe expert en web design et en marketing, disait d’ailleurs à ce sujet : « Connais-toi toi-même, et sache que nos rivaux sont ceux-là et non ceux que tu penses et que, pour les surpasser, nous n’avons pas d’autre moyen que l’application et le savoir »…