Depuis quelques années, les flux RSS sont l’apanage du web et de ceux qui veulent s’informer. On en trouve désormais un peu partout, notamment sur les sites d’actualités : on ne va plus chercher l’information, c’est elle qui vient à nous (ou presque).

Pour autant, le principe du flux en push existe depuis belle lurette sur internet. Usenet, la toute première des communautés en ligne, fonctionnait plus ou moins sur le même principe : en « s’abonnant » à des groupes de discussion, on pouvait (et on peut toujours) recevoir les dernières infos échangées à ce sujet.

Alors oui, techniquement ce n’est pas du tout la même chose. Usenet utilise des paquets de fichiers binaires pour transmettre les fichiers sources, il faudra ensuite un lecteur pour rassembler les pièces du puzzle. Ceci dit, Usenet c’est un peu les prémisses du RSS, car dans les années 80, on s’informait déjà (même partiellement) via des flux d’infos en push.

Le flux RSS décortiqué

En deux mots, l’acronyme RSS signifie « Really Simple Syndication » (pour la version 2.0). Ces flux sont générés en XML (Extensible Markup Language), un langage qui permet de structurer et de baliser le texte qu’il contient.

Les flux RSS incluent donc des métadonnées, dont les principales sont le titre (avec la balise <title>), un descriptif (<description>) et un lien (<link>). On peut aussi y ajouter des images, une date de publication ou une langue.

Un autre format existe, ATOM, qu’on confond souvent avec le RSS. D’ailleurs ce dernier est tellement répandu et ancré dans nos esprits qu’on appelle systématiquement ces flux d’informations « RSS » comme on utilise « frigidaire » pour désigner un réfrigérateur.

Le RSS permettent donc de s’abonner gratuitement à des flux d’informations thématiques. Vous en trouverez sur les sites d’actus et les journaux en ligne, sur les blogs, mais aussi sur une grande partie des services en ligne : par exemple pour suivre des appels d’offres, recevoir des offres d’emploi ou tout simplement être informé des derniers résultats d’une requête sur Google, comme le ferait une alerte mail.

Pour les trouver, c’est assez simple (enfin sur la majorité des sites web) : il suffit de chercher son icône orange (1), parfois remplacée par les trois lettres RSS sur fond orange. Certains navigateurs, comme Safari, détecteront automatiquement les flux et vous proposeront de vous y abonner directement dans la barre d’adresse (2).

Des outils pour gérer vos flux

Vous l’aurez compris, des flux il y en a par milliers. Alors comment faire pour s’y retrouver ? Aujourd’hui c’est assez facile car presque tout est possible : vous pouvez utiliser votre logiciel de messagerie, installer un outil sur votre ordimini, ouvrir un compte sur un service en ligne ou ajouter une application sur votre téléphone mobile (et même votre tablette numérique). On appelle ces outils des agrégateurs, car il permettent d’ajouter, de gérer et de centraliser tous vos flux.

Pour ceux qui souhaitent pouvoir les lire où qu’ils soient, le plus simple est d’utiliser Google Reader, un service gratuit qui fait partie des meilleurs, pour le pas dire le meilleur. Google Reader n’est pas parfait, certes, mais il est compatible avec tous les autres services similaires, notamment les applications mobiles, qui vous demanderont pour la plupart vos identifiants à votre compte Google pour importer ensuite tous vos dossiers et les flux qu’ils contiennent.

Au-delà de l’abonnement pur et simple, Google Reader permet de partager des contenus, de les taguer, de les commenter ou encore de les ajouter à vos favoris.

D’autres services en ligne sont aussi intéressants, comme Netvibes, mais qui disposent de moins de fonctionnalités et qui sont moins transversaux (et parfois pas du tout, car il faudra passer par ce service et lui seul).

Sur ordinateur, il existe une multitude de logiciels (Gruml, FeedReader, FeedDemon pour ne citer qu’eux). Même chose en situation de mobilité, nos préférés étant FlipBoard, MobileRSS et Reeder.

Pour conclure : un monde de flux

A l’heure ou l’Internet prend une place de plus en plus importantes dans nos vies, le flux RSS fait partie des indispensables : ils sont très intéressants pour s’informer et essentiels pour promouvoir ses contenus.

Autre point important : ces flux sont en « temps réel ». Vous pouvez donc être informé à l’instant même où une information est publiée.

Mais au-delà du caractère purement informatif, ces flux sont intéressants justement parce-qu’ils sont des flux, c’est-à-dire :

Un ensemble d’éléments (informations / données, énergie, matière…) évoluant dans un sens commun. Un flux peut donc être entendu comme un déplacement (quelle qu’en soit sa nature) caractérisé par une origine, une destination et un trajet.

Ces flux sont par nature modelables, triturables, réutilisables. On peut donc en faire des tas de choses, pour autant qu’on ait une pincée d’idées et une dose de technique. On peut notamment en faire des mashups, ces applications composées de différents flux et services existants pour en créer de nouveaux (qu’on pourrait schématiser par A+B=C).

Parmi les outils les plus abordables (si on ne prend pas peur en l’ouvrant), on pourrait citer Yahoo Pipes, qui permet d’ajouter, de trier et d’analyser des flux pour en extraire la substantifique moelle, ou presque.

De quoi laisser place à l’imagination et créer des p’tits flux, des p’tits flux, encore des p’tis flux !