C’est un secret de polichinelle je crois : chez LunaWeb nous sommes fans de la marque à la pomme. A l’exception peut-être de notre développeur Gaël-Ian, qui avait d’ailleurs expliqué son point de vue sur ce blog.

Toujours est-il que, comme beaucoup, nous avons sauté de notre siège lorsque l’iPad 1 puis 2 est sorti. Du coup, nous suivons de près les innovations, enquêtes et études utilisateurs qui touchent à cet univers tactile.

Nous avons donc lu avec intérêt celle réalisée par Nielson Norman Group, cabinet de conseil et « laboratoire » de recherche américain spécialisé dans l’expérience utilisateur et l’usabilité.

Voici un condensé de cette étude (de plus de 100 pages quand même), que vous pourrez consulter directement sur le site de NN/g.

L’iPad et ses utilisateurs : enseignements généraux

Cette information m’a interpelée lorsque je l’ai lue : l’iPad est un appareil qu’on échange (beaucoup) avec ses amis ou sa famille, pratique totalement à opposée à celle de l’iPhone, qu’on partage quand même assez peu et qui est à usage individuel. Un élément à prendre en compte lors du développement d’applications ! On pourra par exemple laisser la possibilité aux utilisateurs de se déloguer automatiquement à la fermeture de l’appli.

Cette étude nous apprend aussi que l’iPad est majoritairement utilisé pour « consommer des médias », c’est-à-dire pour lire des articles, regarder des vidéos, etc. D’ailleurs, et c’est l’un des points forts de la tablette, l’iPad est globalement très intuitif pour tout ce qui concerne la lecture, la visualisation d’images ou de vidéos.
A ce sujet, le cabinet américain recommande de préférer une application à un site mobile dans le cas où l’interface aurait d’autres fonctionnalités que celles de lire ou de regarder.

Autre enseignement intéressant : on utilise très souvent son iPhone ou son iPad pour « tuer le temps ». Seule différence entre les deux, ce laps de temps imparti est plus ou moins long. On pourra sortir son iPhone pour patienter les 3 minutes qui nous restent avant le prochain métro. On utilisera plutôt l’iPad dans le train pour s’occuper pendant l’heure qu’il nous reste de voyage.

Le temps qu’on peut consacrer en situation de mobilité n’est donc pas le même. Du coup, pour créer une app ou un site web, il faudra adapter son contenu à l’usage qu’on fait de chacun de ces supports : le contenu doit être rapidement accessible, identifiable et lisible sur iPhone. Sur l’iPad, on prendra plus le temps de se laisser distraire et de naviguer (même si, ne l’oublions pas : l’internaute est impatient !)

Bon sang mais c’est bien sûr !

Créer une interface tactile :  pas si simple !

L’un des premiers points de cette étude souligne le décalage entre ce que les yeux peuvent lire sur l’écran et la navigation tactile : la taille du texte et des contenus est en général suffisamment grande pour les yeux, mais pas pour les doigts !

Cet élément est d’ailleurs confirmé par un des autres points faibles soulignés : les liens ou boutons d’action sont beaucoup trop petits pour naviguer au doigt, ce qui se termine généralement par « taper » sur le mauvais lien.
Ô rage, ô désespoir de l’utilisateur qui doit revenir en arrière ! Sachant que bien souvent les applications pour iPad ne disposent pas de bouton « back » ou « précédent », pour éviter de reprendre le même chemin (ou de prendre ses jambes à son cou, c’est selon).

NN/g recommande vivement d’éviter les animations à l’ouverture d’un site ou d’une application. Souvent  trop longues, ces « fenêtres d’attente », qui permettent en général de patienter pendant le chargement de la page suivante, sont majoritairement désapprouvées par les utilisateurs. Pourquoi ? Parce-qu’après l’enchantement du premier feu d’artifice (« ohhh, ahhh »), on a plutôt tendance à s’impatienter s’il se reproduit à chaque lancement de l’application.

Et puis n’oubliez pas : trop de navigation tue la navigation ! Certaines applications proposent beaucoup trop de possibilités, ce qui reviendrait pour l’utilisateur à se retrouver comme un enfant dans une confiserie : on ne sait plus quoi choisir. Ce qui soulève un autre problème connexe : plus on ajoute des liens et des bouton ou des zones tactiles, plus l’espace réservé à chacun d’entre eux est réduit !

Pour conclure

Ne soyons pas trop exigeant : l’iPad est encore (presque) tout frais tout chaud, car il a seulement deux ans derrière lui. On peut donc comprendre qu’il y ait encore des (grosses) erreurs dans les sites ou application qui lui sont dédiées. On comprendra un peu moins que celles qui sont en cours de développement ou qui viennent de sortir ne prennent pas en compte les différents points qu’on vient de soulever.

Ceci dit, je suis à peine surpris qu’on découvre que les interfaces prévues pour iPad soient globalement mal fichues. C’est aussi le cas avec l’iPhone, qui a quand même plus de bouteille, et sur lequel on a un peu plus de matières en termes d’utilisabilité et d’ergonomie.

On pourra se poser l’éternelle question du site-mobile-versus-application. Comme pour l’iPhone, tout dépend des fonctionnalités que vous souhaitez mettre en avant et de l’usage qu’en feront vos utilisateurs. L’une des premières solutions est peut-être de retoucher le site web pour qu’il soit plus « iPad-friendly ». D’ailleurs, si le sujet vous intéresse, NN/g donne quelques éléments de réflexion sur le développement d’interfaces dédiées à l’iPad (web ou applications). Vous pourrez aussi lire un article paru sur le JDN : Applications et sites mobiles ne s’excluent pas, ils se complètent.

S’il fallait un bon conseil, je retiendrais celui-ci : un ordinateur n’est pas un iPhone qui n’est pas non plus un iPad. Le temps qu’on y consacre, la façon de naviguer ou les activités pratiquées ne sont pas exactement les mêmes. A bon entendeur !