« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément », disait Nicolas Boileau. C’était quelques siècles avant le web, mais c’était plutôt bien vu.

Sous l’angle précis qui nous intéresse aujourd’hui, on comprend que les textes d’un site web font partie intégrante de sa conception. Et que, si l’écriture web économise ses mots, ce n’est pas au détriment du fond.

L’écriture (pour le) web tient compte du fait que l’internaute ne lit pas un écran comme une page papier. Il balaye la page de son doux regard, plus qu’il ne cherche à la décrypter. En conséquence, l’information à lui transmettre doit être mise en valeur par le biais d’une écriture et d’une mise en page adaptées.

rédiger pour le web chez lunaweb

Le vif du sujet, sans préambule

Parlons mathématiques : sachant que l’internaute lit deux fois moins vite sur un écran que sur un support papier mais qu’il n’a pas deux fois plus de temps à accorder à ses lectures, comment lui donner accès à la même quantité d’informations ?

Oui. Il va falloir réduire le texte environ de moitié.

À ce stade, si vous étiez de ceux qui demandaient toujours une copie supplémentaire en examen, vous devez sentir vos mains devenir moites. Accrochez-vous à vos moustaches, ça ne va pas aller en s’améliorant…

C’est à dire qu’en plus de réduire la quantité, il va falloir réorganiser et structurer l’information que vous voulez apporter à l’internaute. En gros, vous commencerez par une synthèse que vous développerez ensuite pour faire apparaître plusieurs niveaux de lecture. C’est le principe de la pyramide inversée.

L’objectif ? Donner un accès rapide à l’information, coûte que coûte. Même si l’internaute passe à autre chose parce que son bus est arrivé, qu’il est l’heure de dîner ou qu’on lui parle en même temps.

Il faut aussi dynamiser l’écriture lors de la mise en forme. Un peu de gras par ci, une citation mise en évidence par là… Des… points… de… suspension. Mais pas trop ! Des repères pour les yeux et le cerveau de l’internaute qui a d’autres chats à fouetter que de relire trois fois la même phrase.

la rédaction web expliquée à ma fille

Expliquer et raconter pour le web

Concrètement qu’est-ce que ça donne ? Pour commencer,  ça donne un métier. Eh oui !

Un métier différent de celui du  journaliste, qui va rédiger avec un angle d’attaque précis en tête. Différent aussi du travail d’un écrivain qui rechignerait probablement à dévoiler la fin de son roman policier en page d’introduction. Sans parler de sa tristesse à devoir se séparer de formules parfois fort alambiquées.

Alambiquées, certes… Mais qui font quand même toute la beauté de notre magnifique langue, on ne voudrait pas déclencher les hostilités avec les fervents adeptes de Marcel.

Lire Proust sur un écran d’ordinateur est pourtant un exercice bizarre. Voici un test en situation :

Les battements de mon cœur de minute en minute devenaient plus douloureux parce que j’augmentais mon agitation en me prêchant un calme qui était l’acceptation de mon infortune.

Charmant, non ?

À l’inverse la rédaction web ne se contentera pas d’ un texte à la qualité approximative,  ponctué de listes à puces et de call-to-action. Imaginez que le site haut de gamme d’une marque de montres que vous aimez beaucoup vous accueille sur sa home page avec un texte de ce style :

« Achetez nos montres. Montres de toutes tailles, hommes, femmes, enfants. Découvrez notre catalogue en ligne et commandez nos montres blanches, noires ou métallisées. Nos montres donnent l’heure le jour et même la nuit, testez nos montres dès aujourd’hui »

Trop de mots-clés, ça pique très fort, non ?

In fine, bien écrire pour le web, c’est être concis mais exigeant. Les mots bien choisis seront ensuite présentés à l’internaute pour qu’il accède à l’information facilement, sans faire un effort de lecture.

Des contenus optimisés pour le Web

Demandez donc à l’écriture web si elle aime les préliminaires. Elle vous répondra avec dédain « Les préliminaires ? Je laisse ça au papier ».