D’un pays à l’autre, les internautes ne s’intéressent pas aux mêmes informations et ne regardent pas les pages des sites web de la même manière. C’est en tout cas ce que montre l’étude de l’Institut Informatique de Zurich menée dans 17 pays.

Réalisée en partenariat avec l’IUTP (International Usability Testing Partnership), dont Miratech est membre, cette enquête étudie le comportement de 510 internautes répartis en France, en Australie, au Chili, en Turquie et dans 13 autres pays.

Grâce à l’eye-tracking, les chercheurs ont relevé des différences notables dans les parcours de lecture des internautes : si le sexe ou l’âge n’influence pas leur comportement et leur opinion, leur pays d’origine est bien plus révélateur.

Des comportements différents selon le pays

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont proposé aux internautes de naviguer sur la page d’accueil du site web de l’hôtel Marriott, dans le but d’y réserver une chambre.

En étudiant le comportement de chacun des internautes face aux cinq scénarios proposés, les chercheurs ont noté de grandes différences sur chaque critère étudié, comme le temps d’attention sur la page web, l’intérêt porté aux différents éléments du site ou encore les informations retenues par l’internaute.

Par exemple, les Polonais se tournent très rapidement (15 secondes en moyenne) vers les onglets de navigation du site, alors que les Allemands ne s’y intéressent qu’au bout de 42 secondes d’exploration.

temps-attention-navigation

Source : miratech.fr

D’autre part, les Russes sont extrêmement rapides lorsqu’il s’agit de capter l’information : ces derniers cliquent généralement sur l’illustration centrale au bout de 10 secondes, contre près de 80 secondes pour les Néerlandais, qui semblent être moins attirés par les visuels.

Les Russes s’attardent également très peu sur le contenu auquel ils accèdent puisqu’ils ne restent que deux secondes sur la page de détails qui présente la chambre.

Connaitre ces habitudes est un bon moyen pour savoir s’il faut privilégier les images ou les détails. Un paramètre intéressant pour ne pas faire de faux pas et adapter son message à chaque public.

D’ailleurs, en fonction du pays d’origine, les internautes ne s’attendent pas à trouver les mêmes informations aux mêmes endroits. Lors de l’étude d’eye-tracking, le scénario qui consistait à demander aux utilisateurs de rechercher plus d’informations sur les chambres de l’hôtel a donné des résultats très disparates pendant les cinq premières secondes d’observation :

  • Les Belges ont d’abord regardé en dessous de l’illustration et dans la barre latérale gauche,
  • Les Américains ont principalement sondé le header et la barre latérale gauche,
  • Les Espagnols se sont attardés sur ces trois zones à la fois.

eye-tracking-pays

Des opinions qui divergent, mais des habitudes qui se rejoignent

Autre enseignement de cette étude : les attentes et les opinions des internautes sont également influencées par le pays d’origine. De ce fait, les utilisateurs n’émettent pas les mêmes critiques face au site qu’ils viennent de visiter.

Par exemple, si une majorité d’Américains indiquent qu’ils garderont très probablement la page visitée dans leurs favoris, ce n’est le cas que pour 30% des non-Américains.

D’ailleurs, nos voisins d’outre-Atlantique assimilent mieux les informations du site web puisque plus de la moitié des testeurs se souviennent d’avoir vu un numéro de téléphone contre 33% des non-Américains.

Comment expliquer cela ? Peut-être le fait que les Américains balaient l’ensemble de la page quand les Français, les Belges ou les Espagnols ne regardent que le premier tiers.

Difference-consultation

1/ USA 2/ France 3/ Espagne 4 / Belgique

On notera cependant que cette étude relève aussi des comportements identiques dans tous les pays : le moteur de recherche, l’une des principales fonctionnalités, est toujours correctement et rapidement identifié par les internautes. D’autre part, les boutons d’ajout au panier, les formulaires et les filtres de recherche semblent être mondialement reconnus.

Cette enquête souligne l’intérêt, que dis-je ! la nécessité d’adapter son site à son public, surtout si ce dernier a une vocation internationale. Car nous venons de le voir : les usages, les comportements et les attentes différent selon le pays d’origine.

Par exemple, la hiérarchie de l’information est prépondérante en France ou en Belgique où l’internaute ne s’aventure pas au-delà de la ligne de flottaison, alors que les Américains, les Turques ou les Polonais déroulent l’ensemble de la page.

En vous adaptant aux habitudes de chacun (privilégier les illustrations et limiter les détails pour les Russes par exemple), vous obtiendrez de meilleurs résultats en terme de conversion que si vous proposez une version unique, avec pour seule nuance la traduction des textes. La culture du pays est un critère de plus à prendre en compte pour confectionner un site aux petits oignons !