Comme pour les bâtiments, l’architecture de l’information se définit comme l’art de concevoir des sites web au contenu bien charpenté qui permettront à l’utilisateur de s’y balader aussi à l’aise qu’un poisson dans son bocal.

Pour ce qui nous intéresse, l’aquarium est plutôt composé de halls d’entrées, de couloirs, d’étages et de nombreuses pièces bien distribuées. Mais la circulation à l’intérieur de ce bocal est si aisée qu’elle soustrait aux regards non avertis les heures de travail nécessaires à la conception d’un pareil bijou architectural.

Un peu comme une montre vous donne l’heure mais dissimule en réalité des trésors d’expertise et de minutie. Si vous ne soulevez pas le cadran, vous pouvez vous contenter de deux informations principales : cette montre est infaillible quand il s’agit de vous renseigner sur l’heure et, waow, quelle beauté !

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Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place

Aujourd’hui, l’architecture de l’information est un métier à part entière mais également une compétence attachée à d’autres postes. Car l’architecture de l’information est essentielle à une expérience utilisateur réussie, et donc à tous les dispositifs web : pas d’ergonomie aux petits oignons sans une information bien organisée.

Ainsi, que dirait l’utilisateur s’il devait trouver le descriptif d’une jolie bague dans les mentions légales du site d’un joailler ? Le trait est forcé, évidemment, mais bien structurer l’information – et le chemin pour y arriver –  est primordial : on parle alors de l’organisation et de l’enchainement des pages aussi bien que de l’interface visuelle et d’une navigation optimisée.

Si la notion d’architecture est indissociable de la construction d’un site web, c’est aussi à cause du volume d’information qui le compose. Pour y trouver son chemin, l’utilisateur a besoin de se déplacer de manière intuitive et non de décrypter une organisation inédite. Pour forcer de nouveau le trait, si l’utilisateur veut acheter une crème de jour pour peaux sensibles sur un site de cosmétiques, est-ce qu’il va préférer la trouver dans la catégorie « Peaux sensibles » ou dans une catégorie plus poétique, certes, mais aussi plus opaque, intitulée « Plus rien ne vous fera rougir » ?

De la même façon, en vous rendant dans un bâtiment administratif vous souhaitez pouvoir vous aller directement au guichet qui vous concerne : vous avez beau adorer les labyrinthes, vous préférez que les architectes aient réfléchi pour vous flécher un parcours intuitif afin de rendre aussi positive que possible votre expérience au centre des impôts.

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Une méthode : le tri par cartes

L’objectif de l’architecture de l’information, c’est de structurer et hiérarchiser tout ce qu’une marque et son produit veulent raconter à l’utilisateur mais pas n’importe comment : à la lumière des attentes de l’utilisateur. Le tri par cartes est une des méthodes qui permet au concepteur de mieux connaître les attentes de l’utilisateur.

Pour une séance de tri par cartes, comptez un panel d’utilisateurs, un professionnel attentif et un matériel basique composé de papier et de crayon. Dans ce cas de figure, comme pour les tests évoqués précédemment, on va faire appel aux compétences naturelles de l’utilisateur.

Architecture d'informations sur le projet Eat Me Drink Me made in LunaWeb

Scénarios et mots-clés posés sur post-il, en phase d’exploration pour le site Eat Me Drink Me – LunaWeb.

Comme son nom l’indique, cette méthode consiste à trier le contenu d’un dispositif web en devenir en classant les cartes attribuées à chaque contenu par groupes. On veille à ne pas multiplier les cartes de son jeu sous peine que l’objectif paraisse confus à l’utilisateur qui chuchotera à l’oreille de son voisin :

On ne parle plus de trier des cartes là, ils veulent nous faire nettoyer les écuries d’Augias ma parole !

L’utilisateur dispose aussi de cartes blanches. D’abord pour qu’il s’autorise à faire part de toutes ses remarques mais aussi parce qu’on essaie de ne jamais lui transmettre une fin de non recevoir. Là comme ailleurs, l’itération a toute sa place : on peut donc mettre une carte de côté aussi bien qu’on peut la dupliquer ou en créer une nouvelle. Et changer d’avis, seul ou après concertation avec d’autres pratiquants si le tri s’effectue en groupe.

En d’autres mots, on cherche à organiser sans mettre de côté, sans balayer discrètement un tas de cartes sous le tapis. On ne cherche pas à faire le vide mais à attribuer la bonne place à la bonne info, quel qu’en soit le nombre. Il paraît qu’Einstein disait « Si la vue d’un bureau encombré évoque un esprit encombré alors que penser de celle d’un bureau vide ? ». Optons plutôt pour un matériel de rangement efficace qui nous permettra de retrouver facilement nos trombones et nos post-it…