La gamification, c’est l’utilisation des mécanismes de jeu dans le travail, la pédagogie, les réseaux sociaux ou, pour ce qui nous intéresse plus particulièrement, les sites web.

Le jeu fait vibrer une corde sensible chez nombre d’entre nous, alors pourquoi ne pas l’utiliser pour apprendre, pour recruter ou pour collecter des données ? Mark Twain va jusqu’à définir le jeu comme « tout ce qu’on fait sans y être obligé ». Tout ce qu’on ferait par plaisir donc ? Ce raccourci, réducteur au premier abord, a le mérite d’éveiller la curiosité et de nous faire regarder d’un œil attentif ce qui est finalement bien plus qu’un amusement.

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 La réalité est cassée ? Réparons la en jouant !

C’est en substance ce en quoi croit Jane McGonigal : cette jeune chercheuse en game design et conceptrice de jeux présentait en 2012 SuperBetter, un jeu en ligne imaginé pour… augmenter l’espérance de vie.

À la suite d’une commotion cérébrale, la jeune diplômée de Berkeley n’arrive plus à se concentrer sur ses activités préférées : elle décide alors d’organiser sa guérison, crée le personnage de Jane the concussion slayer et développe Superbetter en partenariat avec une équipe de médecins, scientifiques et psychologues.

C’est également Jane McGonigal qui est à l’origine d’Evoke, un jeu réalisé en collaboration avec la banque mondiale. L’objectif ? Réfléchir ensemble pour résoudre des problèmes aussi cruciaux que le réchauffement climatique ou la faim dans le monde.

Qui sait, un jour Jane McGonigal verra peut-être se réaliser ses rêves ludophiles : nous passerons alors plus de temps sur des jeux plus ambitieux et le prix Nobel de la Paix sera décerné à un game designer.

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Gamification et design UX

« Une dernière partie, après j’arrête » ? Ce sont des mots qu’un bon jeu peut vous faire prononcer comme il vous fait peut-être acheter quelques boosters pour passer plus vite au niveau supérieur (parce le 348 de Candy Crush est particulièrement costaud). Pourtant, hors contexte, vous ne vous voyez certainement pas comme la poule aux œufs d’or des éditeurs d’applications de jeux.

Alors, qu’est-ce qui dans le jeu peut inspirer un web designer soucieux d’expérience utilisateur ? Le graphisme, le système de scores à battre, les missions haletantes ? Ce qu’il faut en réalité se demander, c’est comment ces éléments nourrissent le processus du jeu. Et tout n’est pas bon à copier.

Dans le design UX, la gamification n’est  pas utilisée dans l’objectif de vendre un produit mais bien pour améliorer l’expérience d’achat de l’utilisateur. À titre d’exemple, l’utilisateur peut la plupart du temps choisir le niveau de difficulté d’un jeu, ce qui n’est pas le cas sur un site e-commerce. Tant mieux ! Au sein d’un dispositif web engageant, les étapes du parcours d’achat s’enchainent naturellement : si l’information lui est transmise au bon moment et au bon endroit, l’utilisateur n’a plus de question à se poser.

En définitive tout le mal qu’on vous souhaite c’est un quotidien ponctué de multiples epic wins, que Jane McDonigal définit comme un événement si extraordinairement positif que vous ne vous en seriez jamais cru capable avant d’y arriver… Tout un programme !